mercredi 25 juillet 2007
fleur érotique Danoise...
"Lotus", c'était le nom d'une petite revue éditée au Danemark dans les années soixantes, et qui cachait bien son jeu érotique, comme tant d'autres petits magazines à l'époque, imprimés dans les pays d'Europe du nord.
Les imags que bous voyez aujourd'hui sur le blog probiennent d'un des exemplaires de ma bibliothèque étoyique, achetté sur les quais de Seine, il y a bientôt quinze ans, le petit magazine trouve sa place dans un créneaux très particulier de l'érotisme de l'époque: le "vrais faux naturisme".
Mis à part la pemière de couverture,en couleur, toutes les prises de vues sont en N&B, mais chaque image est de très bonne qualité, la revue ne compte pas plus d'une trentaine de pages, en petit format, donc facile a dissimuler parmis d'autres revues ...
Le "vrais faux naturisme" a consisté a proposer aux lecteurs friands d'e belles images érotiques et même obscènes des photos de nus dans le contexte très innocent du dévellopement des loisirs naturistes, et prises dans un environnement naturel, plage, montagne, ces petites revues proposaient donc de faire découvrir aux lecteurs les activités des adeptes de la nudité intégrale, une petite révolution des moeurs, pour l'époque, mais en fillgrane, ces revues avaient pour objectif de permétre de se rincer l'oeil agréablement, et elles connurent un franc succès, il reste aujourd'hui leur coté très nature, qui dénotte considérablement avec les photos très sophistiqués des magazines contemporains, ou bien plus hards, personnellement, j'apprécie ce coté très naturel et bien sur le fait que les modèles ne pratiquaient pas alors l'épilation intégrale et systémathique du pubis.
La ptite revue Danoise se laisse regarder avec un brin de nostalgie, l'art érotique ne prend pas une ride !
jeudi 9 novembre 2006
Bobines érotiques (suite et fin) Borowczyk
L'année 1974 marque un tournant important dans la carrière de Walerian Borowczyk, puisqu'il s'agit de l'année de la sortie sur les écrans des "Cones immoreaux", le films est constitué de quatre fictions qui
donnent un apperçu des fantasmes et de la sexuallité à travers différentes époques, comme dans tous ses films, le réalisateur soigne l'image et la mise en scéne, afin d'éviter autant que possible le piège de la facilité dans lequel pourrait l'entrainer son sujet, cette fois ouvertement inspiré par l'érotisme.
Malheureusement, le film choque une partie de son public et de la critique, qui commence alors à le taxer de pornocrate, il faut se resituer dans le contexte de l'époque, l'érotisme atteint alors des sommets au cinéma, Borowzcyk n'est
certainement pas le seul a proposer au punlic un film érotique, hors, justement, la critique est d'autant plus dure avec ce type de production, et accuse leurs auteurs de vouloir satisfaire à un phénomene de mode, d(une maniére genérale, cela consiste à dire:" aujourd'hui, pour faire un film, il faut à tout prix montrer au public une paire de fesses à l'écran", c'est bien sur faire peu de cas des qualités reélles du film, qui n'a rien d'un film pornographique tels qu'ils existaient alors, toute la force du film tient dans les fantasmes évoqués, et dans le talent de Borowzcyk a develloper une narration qui captive le spectateur, on peut y voir une scéne ou une jeune femme se masturbe à l'aide d'un concombre, tout en évoquant le chemin de croix, une façon sans conssecions de porter à l'écran le rapport entre le sexe, le plaisir et le divin, dans une hautre histoire, un jeune homme se fait faire une féllation par une camarade de jeu, au bord de la mer, en éfoquant le mécannisme des marrées, il s'agit là de montrer sans voile toute la force de la nature dans l'expréssion des pulsions sexuelles, et de leur redonner leur sens en tant que phénoméne naturel, il ne faut pas négliger le fait que les années soixante et soixante dix sont celles ou l'on recommence à considerer le sexe comme une chose naturelle,et donc innocente, et non pas comme une "pulsion démonniaque"...malgrès les attaques de la critique, le film obtient un certain succès à Paris, et Borowzctk se consacre dés lors à la réalisation de films érotiques.
Vient ensuite le tournage de "Story of sin", le seul film que Borowzcyk réalise en pologne, sa terre natale, avant de réaliser en 1975 "La bête", un film qui cette fois vas profondément choquer et heurter la critique,n en effet, le film comporte de longs plans rapprochés de masturbation féminine, des phammus géants déchargeant des quantités monstrueuses de foutre, des accouplements d'animaux...lors d'une projection à Londres, en 1998, des spectateurs quitteront la salle !
Le film à sa sortie était donc en complet décallage avec le public des années soixante dix, et cette fois, une partie de son public renie ouvertement le réalisateur, en revanche, Botowczyk fait désormais les délices de la presse pour adulte, qui le considére alors comme un prophétte de l'érotisme et du porno à venir, j'ai le souvenir d'une revue de cul, consacré au cinéma pour adulte, que j'avais découverte à l'âge de quatorze ans, donc trois ans après la sortie de "La bête", et qui brossait un portrait admiratif de Walerian Borowczyk, ses films u étaient décris comme autant de chefs d'oeuvres, mais Borowczyk refuse de se laisser enfermer dans une catégorie, un genre cinématographique, l'érotisme ne fait que lui fournir des éllements de langage pour mieus servir sa refléxion sur le refoullement des pulsions, leur difficulté a s'exprimer librement dans une societé qui les contrarie et les refoule, et qui elle même n'est pas sans failles, comme de nombreux créateurs, Walerian Borowczyk traverse différentes périodes de création, mais l'ensemble de son oeuvre réste homogéne car le besoin de montrer le décalage entre rêve et réalité est présent dans chacune de ses oeuvres.
En 1977, Ligia Branice, son épouse, tient le rôle principal d'"Interieur d'un couvent", tourné en italie, elle y incarne la nièce de la mère supérieure d'un couvent dans lequel les soeurs vivent coupées du reste du monde, en proie à leurs pulsions sexuelles refoulées, la tante et sa nièce dans un désir de demeurer pures tentent de rétablir la siscipline parmi les soeurs corrompues du couvent, qui se livrent à toute sorte de débordements,la mère supérieure est en proie à une véritable frenésie pour traquer les soeurs dans leurs actvités illicites, au point que celles-ci, à bout de nerfs, finiront par comploter afin de l'empoisonner, sa propre nièce finit par se laisser séduire par l'un des employés du couvent, et lorsque le complot s'execute enfin, et que la mère supérieure se meurt, les soeurs donnent libre court à leurs envies, transformant le couvent en lieu d'orgie...le réalisateur montre là de façon magistrale qu'une doctrine qui mutile et prohibe les pulsions naturelles et les désirs finit par engendrer la monstruosité, la violence, le crime de sang.
Walerian Borowczyk vas par la suite voir sa notorieté décliner, alors qu'il est injustement taxé de pornographe donnant dans la facilité, voire la vulgarité, c'est justement l'explosion du cinéma X qui vas désormais attirer le public amateur de scènes "chaudes", cruel paradoxe, certains diront alors que Borowczyk est
décidement...trop "soft" !
Il y aura encore le tournage du cinquième volet de la celébre série "Emmanuelle", là aussi, Borowczyk prend le parti de laisser de coté l'éxotisme genre "liqueyr de bois bandé aux essences de guarana" de la série, pour donner dans l'érotisme sombre, tout en atmosphères cruelles et trouvles, mais la vogue du cinéma érotique est passée, et très probablement, nombreux sont ceux qui ayant apprecié les réalisations de borowczyk donnet désormais dans le hard, tel que nous le connaissons aujourd'hui, Walerian Borowczyk n'est plus, depuis le troi février 2006, mais il laisse derrière lui une oeuvre cinématographique qui mérite d'être redécouverte, et qui ne peut qu'inspirer et encourager bien des vocations artistiques.
mardi 7 novembre 2006
bobines érotiques, Borowczyk (suite)
Alors qu'il tournait ses premiers courts métrages d'animation, walerian Borowczyk y fait jouer sa future épouse, Ligia Branice, qui plus tard apparaît dans un film de Chris Marker, "la jetée".
La critique salue alors celui que l'on onsidère comme un maître du cinéma d'animation, et le public découvre avec ravissement les atmosphères troublantes et inquiétantes de ses films, et les nombreux effets qu'il met au point influencent de nombreux auteurs, tel que les frères Quay et terry Guilliam, de Monty python, il s'installe alors à paris, ou il vas réaliser "renaissance" et "Le jeu des anges", puis son premier long métrage en 1963, "Le héâtre de Mr et MMe Kabal", puis il abandonne l'animation pour la fiction, avec deux films, "Goto, L'île d'amour" et "Blanche", si ces films sont articulièrement soignés du point de vue de la réalisation, comme l'étaient ses films d'animation, leur contenu recèle déja l'érotisme de ses futurs films, il est également à noter que sa femme, Ligia Branice joue dans ces deux longs métrages.
Dans le second film, sorte de fabliau médiéval, Walerian Borowczyk
soigne articulièrement les décors, ceux-ci révèlent une multitude de détails de remière importance, d'autre part, les plans de face et de profil des actrices et acteurs se suivent, et donnent une vision d'ensemble très proche de celle de l'imagerie médiévale, l'érotisme est très présent tout le long du film, bien qu'il s'agisse d'un érotisme subtil, sans violence; le géant du cinéma que fut Michel Simon y joue le rôle d'un vieux seigneur, dont la jeune et délicate épouse éveille le désir de son entourage, dans un château véritable labyrinthe...les jalousie que provoque le désir que Blanche éveille, bien innocemment, auront raison d'elle, accusée d'adultére, dés lors apparaît le thème de prédilection du réalisateur, les pulsions sexuelles et les passions qu'elles réveillent venant miner un système établi, un édifice humain stable uniquement en apparence...à la suite du tournage de "Blanche", le réalisateur vas se consacrer à des oeuvres cette fois ouvertement érotiques.(à suivre)
lundi 6 novembre 2006
Bobines érotiques
pour celles et ceux d'entre vous qui se sont intéressé au cinéma érotique des années soixante, soixante dix, le nom du cinéaste dont il est question ici ne leur est certainement pas étranger, puisqu'il s'agit de
Walerian Borowczyk.
Borowczyk fait l'objet encore aujourd'hui d'avis partagés, certains le onsidèrent depuis toujours comme un artiste à part ntière, un auteur érotique de grand talent, d'autres, plus critiques à son égard, comme un vulgaire pornographe, dont l'ensemble de l'oeuvre ne mérite pas que l'on s'y attarde, toujours est il qu'il ne laisse pas ndiffèrent, et qu'il a certainement influencé de nombreux auteurs dans le courant des années soixante dix.
Bien que Walerian Borowczyk n'ai pas réalisé de films X au sens ou nous l'entendons aujourd'hui, ses films étaient diffusés uniquement à destination d'un public adulte, en raison de leur contenu érotique très
provocateur pour l'époque, et si aujourd'hui ce contenu peut prêter à sourire, si on le compare avec celui des productions hard contemporaines, à l'époque, il déchaînât la critique, Borowczyk fait partie de cette générations qui pouvait disposer de moyens conséquents pour tourner, bien avant que n'apparaissent les vidéos "petit budget", j'ai pour ma part eu l'occasion de voir, il y a de cela vingt cinq ans, les "cobtes immoraux", une accession de quatre récits, dans lesquelles transparaissait toute l'envie du réalisateur de proposer au spectateur de belles images, avec une mise en scènes soignée, et du jeu d'acteurs; même chose pour les décors, en intérieur ou en extérieur.
Walerian Borowczyk est né en Pologne, à Kwilcz en 1923, et il fit des études de dessin, et s'intéressât à la lithographie, il achève ses études aux Beaux Arts de Varsovie en 1951, son ntérêt pour le cinéma fait qu'en 1953, il obtient le grand prix national de graphisme pour ses affiches de cinéma, il était déjà l'auteur de court métrages d'animation, depuis 1946, mais ce n'est qu'en 1957 qu'il fut reconnu dans ce genre, avec un film intitulé "Byl sobie ras", réalisé en collaboration avec Jan Lenica, avant de recevoir le grand prix de Bruxelle pour son film "DOM", en 1958, il est alors considéré comme l'un des plus grands réalisateurs de films d'animation, tant pour leur contenu surréaliste et onirique, que pour ses innovations ...(à suivre...)
mercredi 21 juin 2006
Les belles lettres du vice et de la vertue (suite et fin)
L'oeuvre de Donatien de Sade a longtemps été caché au public, et quand elle a été réhabilité, elle a encore pendant des années garnie les rayons de "l'enfer" des bibliothéques, ce lieux ou l'on conservait les ouvrages "licencieux" ou considerés comme impropres a étre divulgués a un large public...à la fin du XIXiéme siécle, cette oeuvre a finalement été découverte avec le plus grand intérêt par de nombreux auteurs et artistes...le marquis de Sade a donné son nom a un adjectif, Sadisme, et sadique, qui désigne une personne prenant du plaisir a faire souffrir une victime innocente, et qui pour celà emploie toutes les ressources d'une imagination deréglée...
Les oeuvres de Sade ont fournies un matériel d'étude hors du commun aux chercheurs pour comprendre les mécanismes subtils qui commandent aux actes de transgréssion des psychopathes, jamais on avait si bien décrit la perversion d'actes, et même de sentiments, son immense talent d'écrivain apporte un éclairage violent sur les zones d'ombres de l'âme humaine, et il n'est plus question aprés Sade d'imputer au diable ou a une autre puissance du mal, les actes de barbarie que peuvent commétre, sous l'emprise de leurs pulsions, certaines personnes...
"C'est la nature qui opére en nous", contrairement à ce que certains veulent croire, nous avons tous une part de "sadisme" en nous même, il se revéle à différent degrés, et avec plus ou moins de force, suivant les individus, bien aprés l'oeuvre de Sade, des hommes et des femmes qui éprouvent du plaisir a certaines pratiques sexuelles ont dévoilés aux public leur penchants, et ont revendiqués le droit à vivre leur sexualité en toute liberté, il se considérent comme les "suiveurs" de Sade, sous l'étiquettes de "sadomasochistes", et aujourd'hui, le BDSM compte de nombreux adeptes, les pratiques sadomasochistes sont souvent assujétties à un "code" de conduite, qui fait l'objet de profonds désaccords au sein de la communauté BDSM, et dont Donatien de Sade...n'a jamais écrit une seule ligne !
Ce code est certainement inspiré de celui que Sade avait imaginé dans son récit "Salo, les cent vingt journées de Sodome", mais là ou Sade avait imaginé, d'autres appliquent à la lettre...on trouve également dans le folklore BDSM de nombreuses façons de se faire valoir, à travers un habillement aproprié, de nombreux "clubs" SM n'acceptent de recevoir qu'a la condition de porter des vétements de cuir, ou de latex, là aussi, Donatien de Sade n'a jamais évoqué un gôut prononcé pour les culottes en caoutchouc...mais la réputation et la renomé de Sade est aujourd'hui si universellement établie que se réclamer de Sade permet de pouvoir profiter d'une certaine respectabilité...quoi qu'il en soit, en à peine plus de deux cent ans, les conduites libertines ne font plus aujourd'hui l'objet d'une représsion, et ce qui pouvait passer pour des comportements "deréglés" ou "grotesque" autrefois est aujourd'hui observé avec la plus grande attention, nous cherchons toujours et peut être plus que jamais a comprendre quelles voies parfois tortueuses emprunte notre désir pour s'exprimer...l'oeuvre de Sade est elle le fruit d'une culture, ou bien cette culture est elle influencée par cette oeuvre, toujours est-il que les fractures dont souffre la societé Française d'aujourd'hui refléttent bien l'influence de ce courant sombre que Sade décrivait, le fonctionnaire de l'état qui sous le couvert de vouloir assurer le bien de tous, attend perfidement au tournant le contrevenant pour le délester de son argent en est une des multiples illustrations, une societé qui nie à l'extréme l'idéal du beau, le désinteressement, la créativité, et qui n'envisage la réussite qu'à la condition de provoquer la perte et la souffrance de l'autre court fatalement à son anéantissement, à force de rétribuer celles et ceux qui cherchent pour le bien de tous, avec des poignées d'orties, on ne fait que s'appauvrir, en croyant s'enrichir à bon compte, Sade savait mieux que personne décrire la pérsonnalité plus qu'hideuse d'un "Duc de Blangis", ou d'un "Président Curval", mais il semble que l'on ai retenu que les moyens employés par les crapules dont il brosse le portrait, Sade n'est plus depuis bien longtemps, mais les personnages abjects qu'il dépeint sont toujours d'actualité.
samedi 17 juin 2006
Les belles lettres du vice et de la vertue (suite4)
Les descriptions de Donatien de Sade par celles et ceux qui l'ont approché de son vivant nous renvoient l'image d'un homme grand, mince et bien bâtit, les cheveux roux et abondants, coiffés à la mode de son temps, c'est à dire réunis et attachés par un large ruban de velour, le regard est sombre et perçant...Donatien de Sade a le visage grellé, à la suite d'une vérole contractée lorsqu'il était encore très jeune, et peut être souffrait il de cette caractéristique de son physique...mis à part l'aspect physique, Sade est un homme des plus eléguants, doté d'un esprit fin et cultivé, il a partcipé aux campagnes de la guerre de sept ans, et il est fort probable que cette période de son existence lui a laissée de nombreux souvenirs, dont certains ont durement impressionés et marqués son esprit...
Cette guerre a commencée en 1754, elle a pour enjeu les possessions Françaises en Amérique, la "Nouvelle France", dont fait partie le Canada, et oppose les Britaniques aux Français, et l'Autriche à la Prusse, Marie Therése d'Autriche cherche en effet à reprendre la Silésie, perdue lors de la guerre de succession d'Autriche, à Fredéric II de Prusse, le mariage du futur Louis XVI avec Marie Antoinette conforte l'alliance de la France avec l'Autriche, mais en 1757, Fredéric II défait les Français à Rossbach, et les Autrichiens à Leuthen...tant en Amérique qu'en Europe, c'est une guerre meurtiére, et qui fait plus de cent mille morts, sur les deux continents et sur les mers, en 1763, le traité de Paris met fins aux hostilités, la France perd la quasi totalité de ses posséssions en Amérique du nord, de nombreuses îles des Antilles, et ne parvient à conserver que cinq comptoirs en Inde...
Dans un texte intitulé "Faxelange ou les torts de l'ambition", qui fait partie de son ouvrage "Les crimes de l'amour", Donatien de Sade brosse le portrait du baron de Franlo, un personnage d'un perversité peu commune, comme seul Sade sait les décrire à merveille, manipulateur, imposteur, pour s'averer être finalement criminel, Franlo use de toutes ses ressources et de son talent de manipulateur pour séduire les parents de Melle de Faxelange, et les convaincre de lui donner leur fille en mariage...
" L'homme dont je vous parle a des biens prodigieux en France et de superbes habitations en Amérique. L'unique objet de son voyage est de chercher une femme à Paris (...)Il a trente deux ans, la figure n'est pas très agréable...quelque chose d'un peu sombre dans les yeux, mais un maintien très noble et une éducation singulièrement cultivée(...)il parla au ministre-même, qui lui certifia que M. Franlo, actuellement à Paris, était très certainement l'un des hommes de Vivarais, et qui valût le mieux, qui fût le plus riche"
Les "superbes habitations en Amérique", c'est bien l'enjeu de cette guerre à laquelle Sade a participé, et dont il devine, si il ne le sait déjas, qu'elles sont...perdues, et " la figure" de Franlo, qui "n'est pas trés agréable", n'est elle pas, la sienne...Sade ne s'est il pas amusé à se mêtre lui même en scéne, dans ce récit ou tout contribue au début à faire croire au lecteur que Franlo est un honnêtte homme, victime qui plus est de la jalousie de Goé, le prétendant éconduit de Melle de Faxelange ...Franlo, une fois le mariage celebré, s'avére être un térrible criminel, à la tête d'une bande armée, et qui entraîne avec un art consomé de la manipulation son épouse dans ses crimes...
"je vous enverrai des prisonniers, il faudra les faire dépouiller vous-même, et les faire égorger devant vous.
- Moi, monsieur ! S'écria Mlle de Faxelange, en reculant d'horreur, moi plonger mes mains dans le sang innocent !"
Le dénouement est des plus monstrueux, Melle de Faxelange, devenue Mme de Franlo, ne doit son salut qu'à Goé, qui ayant en vain tenté de la dissuader d'épouser Franlo, parvient a arrétter celui ci et sa bande, dans leur repaire, à la tête d'une compagnie d'une vingtaine de dragons, Franlo serra executé sous le regard horrifié de son épouse, qui se prend de compassion pour lui, par les dragons, car il tentera d'assassiner Goé avec le pistolet que celui ci lui tend pour se suicider et lui héviter ainsi l'échafaud et le déshonneur, mais Goé, malgrés les larmes et le repentir de la jeune femme, ne lui pardonne pas son ambition, et les erreurs qu'elle lui a fait commétre, il la délivre mais la rend à ses parents, pour ne plus jamais la revoir, elle meurt de châgrin quatre mois plus tard...
Voilà peut être un autre aspect de la personnalité de Sade, l'homme honêtte, courageux, obstiné, clairvoyant, mais qui à force de rester fidéle à ses opinions, finit par provoquer la mort de celle qu'il a aimé...de bout en bout, la jeune femme est prisonniére d'un piége implacable, ou deux hommes que tout oppose, (en apparence), l'accablent jusqu'à causer sa perte....
il y a dans ce récit un passage assez étrange, dans lequel la jeune femme, peu avant son mariage, fait un térrible cauchemard dans lequel elle se voit entourée de cadavres et à la mercie de son futur, sous les traits d'un assassin, et finalement delivrée par Goé...un rêve prémonitoire, en quelques sortes, et voici ce que Sade écrit à ce propos : "Les rêves sont des mouvements secrets qu'on ne met pas assez à leur vraie place "...celà donne une idée de la place que Sade accordait aux réves, et d'une certaine façon, à tout ce qui fait partie de nôtre profonde pérsonnalité...une vision d'une extraordinaire modernité, Donatien de Sade a certainement vu des horreurs durant la guerre de sept ans, et d'autres durant la période de la révolution, des crimes commis en toute impunité, parceque "les circonstances" ont fait que les hommes en sont venus à les commétres, mais pour Sade, au delà des circonstances, c'est la nature qui opére en chacun de nous pour l'amener à commétre le crime...dés lors, il semble que Donatien de Sade est été conscient de son attirence pour le crime et les comportements pervers, et ses écrits sont, d'une certaine façon, un formidable moyen de "se raconter" jusqu'au bout...celà a peut être fortement dérangé ceux qui l'ont jugé et condamné en conséquence...
"Oui, je suis libertin, j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai sûrement pas fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai sûrement jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier."
Effectivement, le réçit "Les cent vingt journées de Sodome", redigé dans des conditions d'enfermement à la Bastille apparait comme étant un véritable délire masturbatoire,
dans lequel il décrit minutieusement tout les fantasmes possibles et imaginables de maniére crûe et sans concéssions, homoséxualité, pédophilie, orgies, tortures, scatophilie, urolagnie, viols, meurtres, celà ressemble à un épouventable scénario de snuff movie, pourtant Sade a bel et bien été condamné pour avoir torturé et sequéstré une jeune femme, Rose Keller, et plus tard, huit jeunes filles a son service dénonceront ses orgies et le traitement qu'il leur fait subir durant celles ci, dans son domaine de Lacoste, mais il y a autre chose qui ressort réguliérement dans ses écrits, la caricature impitoyable des comportements et des gôuts depravés des magistrats, de "l'aristocratie de robe", ces "robins" dont est issue la famille de son épouse, avec laquelle Sade ne s'entend pas, il n'a que du mépris pour cette caste de magistrats fraîchement promus a la qualité de nobles, et dont il connait bien le désir de se faire valoir par les biens materiels...
Sade a également été condamné pour avoir pratiqué la sodomie avec un laquais, au court d'une orgie, un crime très sevérement punis à cette époque, tout comme l'ensemble des pratiques homosexuelles, puisque bien souvent le condamné se faisait introduire par force dans l'anus un objet semblable à une poire de bronze, qui par le jeu d'une vis centrale augmentait de volume, jusqu'à la dislocation des chairs, et la mort par hémorragie...dans "Justine", le personnage de Monsieur le comte de Gérnande se livre réguliérement à la sodomie et la fellation avec de jeunes garçons, mais entre autres vices, il supliccie sa femme en la saigneant, pendue a des rubans de soie noire, accrochés au plafond d'un cabinet de torture, la vue du sang qui gicle de ses poignets meurtris lui procure l'excitation nesseçaire pour parvenir à l'orgasme, voici la description que Sade fait du comte :"La singularité du portrait mérite un instant vos regards. M. de Gernande était alors un homme de cinquante ans, ayant près de six pieds de haut, et d'une monstrueuse grosseur. Rien n'est effrayant comme sa figure, la longueur de son nez, l'épaisse obscurité de ses sourcils, ses yeux noirs et méchants, sa grande bouche mal meublée, son front ténébreux et chauve, le son de sa voix effrayant et rauque, ses bras et ses mains énormes ; tout contribue à en faire un individu gigantesque, dont l'abord inspire beaucoup plus de peur que d'assurance. Mons verrons bientôt si le moral et les actions de cette espèce de centaure répondaient à son effrayante caricature..."...plus loin, Sade affuble le comte d'un sexe ridiculement petit, même en eréction, pas "plus grand que celui d'un enfant âgé de trois ans au plus"...cette description me fait penser au comte de Charolais, qui s'était rendut tristement celébre pour son atrait du sang, incapable de jouir si il ne pouvait assister à des éfusions de sang, torturant ses victimes lors de ses orgies, et allant jusqu'à les tuer...et les réduire en cendres...
Donatien de Sade, à travers ses écrits, a peut être fait une féroce carricature de quelques personnages influents et bien plus cruels que lui, comment, dans ce cas, s'étonner de la sevérité des condamnations dont il fut l'objet, de plus, aucuns de ces juges n'a eu cette faculté de chercher en lui même les causes de son gôut pour la débauche, Sade fait état de ce qui agite son âme, il ne dissimule rien, dans ses écrits, il jette à la figure de ses détracteurs ce qui les motive le plus pour le condamner, non pas, comme ils le prétendent, le besoin de justice, mais leurs pulsions les plus inavouables, leurs plus bas instincts, il fabrique et conçoit seul l'outil qui sert à mieux le rendre "impropre" à leurs yeux a mener une existence d'homme libre...Donatien de Sade laisse un héritage d'une grande valeur à travers ses livres, et marque les ésprits, jusqu'à nos jours, l'objet d'un prochain billet...
lundi 12 juin 2006
Les belles lettres du vice et de la vertue (suite3)
Les descriptions d'orgies auxquelles se livrent des prélats, des nonnes et des moines ont toujours étés bien présentes dans la litérature érotique occidentale, comme par exemple en Italie, au XViéme siécle dans les contes de Boccacio, et il est vrais qu'à cette époque, de nombreux moines défroqués avaient une conduite qui ne pouvait que provoquer l'éxaspération
parmis les populations exposées à la violence de bandes armées dirrigées par d'anciens membres d'ordres monastiques...
Donatien de Sade, en faisant de semblales descriptions dans ses romans pornographiques ne semble donc pas se démarquer d'une "tradition" litéraire érotique, mais il revendique un athéisme sans concéssions, et en celà, il se démarque de bon nombre de ses contemporains, même parmis les esprits libertins, le courant libertin comptait parmis ses défenseurs des initiés aux rites maçonniques, en pleine expention au XVIIIiéme siécle, si les maçons prônaient la libre pensée, et se détachaient de la croyance aveugle dans le rituel de l'église catholique, il n'en faisaient pas moins reférence à une solide tradition ésotérique, et la symbolique maçonnique se raporte à de nombreux thémes developpés par les alchimistes, à toutes les époques... l'alchimie connut un véritable âge d'or au moyen-âge, et un fort regain d'interet durant tout le XVIIIiéme, hors, pour un alchimiste, la reférence a un dieu créateur est fondamentale et nesséçaire à l'accomplissement de l'oeuvre, tout comme pour un franc maçon, (du moins à cette époque), la référence au Grand Architecte De L'Univers, mais Sade rejétte ses notions avec fermeté, et absolument rien ne permet d'affirmer qu'il est été lui même initié, au contraire...
Donatien de Sade a cependant certainement fréquenté des membres des loges, ou leurs proches, puisqu'il partageait les orgies du prince de Lamballe, la princesse, dame de compagnie de Marie Antoinette, était elle même co fondatrice de la loge d'adoption La Candeur, et madame de Saint Germain écrit à son oncle, l'abbé de Sade, pour prendre sa défense quand il serrat condamné, suite à l'affaire Marthe Keller, le comte de Saint Germain, personnage énigmatique, est lui même initié et de plus, alchimiste, mais encore une fois Sade n'a que du mépris pour la religion et une croyance en un dieu, quel qu'il soit, voici ce qu'il écrit, entre autre : " La nature n'a créé les hommes que pour qu'ils s'amusent de tout sur la terre; c'est sa plus chère loi ce sera toujours celle de mon coeur. Tant pis pour les victimes, il en faut; tout se détruirait dans l'univers, sans les lois profondes de l'équilibre. Ce n'est que par des forfaits que la nature se maintient et reconquiert les droits que lui enlève la vertu. Nous lui obéissons donc en nous livrant au mal; notre résistance est le seul crime qu'elle ne doive jamais nous pardonner ...Donatien de Sade ne veut obéir qu'aux "lois de la nature" et cette nature est cruelle, et ce monde ne peut trouver son point d'équilibre qu'en laissant la nature pleinement opérer en nous, sans le moindre jugement, le "Dialogue entre un prêtre et un moribond" lui donne l'occasion de s'exprimer librement sur ses convictions, en voici un passage : Le prêtre: Qui peut comprendre les vues immenses et infinies de Dieu sur l'homme et qui peut comprendre tout ce que nous voyons? Le moribond: Celui qui simplifie les choses, mon ami, celui surtout qui ne multiplie pas les causes, pour mieux embrouiller les effets. Qu'as-tu besoin d'une seconde difficulté, quand tu ne peux pas expliquer la première, et dès qu'il est possible que la nature toute seule ait fait ce que tu attribues à ton dieu, pourquoi veux-tu lui aller chercher un maître? La cause de ce que tu ne comprends pas, est peut-être la chose du monde la plus simple. Perfectionne ta physique et tu comprendras mieux la nature, épure ta raison, bannis tes préjugés et tu n'auras plus besoin de ton dieu. (...)Tu édifies, tu inventes, tu multiplies, moi je détruis, je simplifie. Tu ajoutes erreurs sur erreurs, moi je les combats toutes. Lequel de nous deux est aveugle?
Sade ne se contente pas de clamer son athéisme, loin de se montrer indifférent, il décrit la haine qui l'anime à l'égard d'un dieu unique créateur, dans son poéme "La verité": 
Je prétends expirer au sein de l'athéisme
Et que l'infâme Dieu dont on veut m'alarmer
Ne soit conçu par moi que pour le blasphémer.
Sade néanmoins, apporte cette nuance dans son "Dialogue entre un prêtre et un moribond", qui concerne le crime et ceux qui le comméttent: ", il suffit que la loi le condamne, et que le glaive de la justice le punisse, pour qu'il doive nous inspirer de l'éloignement ou de la terreur(...)toute la morale humaine est renfermée dans ce seul mot: rendre les autres aussi heureux que l'on désire de l'être soi-même et ne leur jamais faire plus de mal que nous n'en voudrions recevoir.
Voilà, mon ami, voilà les seuls principes que nous devions suivre et il n'y a besoin ni de religion, ni de dieu pour goûter et admettre ceux-là, il n'est besoin que d'un bon coeur"
Une telle concéption des choses et du monde a certainement du choquer profondément les ésprits, bien plus que l'obscénité des scénes d'orgie et leur déscription, l'enfermement contribuat il a renforcer les positions de Sade, a leur donner l'intransigeance qu'on leur connaitrat plus tard, dans les notes qu'il écrit à la suite de " La verité" : (...)qu'ils se convainquent bien qu'ils ne servent jamais mieux la nature qu'en multipliant leurs forfaits.
7 Ces goûts ne sont vraiment utiles et chers à la nature qu'autant qu'ils propagent, qu'ils étendent ce que les hommes appellent le désordre. Plus ils coupent, sapent, détériorent, détruisent, plus ils lui sont précieux. L'éternel besoin qu'elle a de destruction sert de preuve à cette assertion ; détruisons donc ou empêchons de naître, si nous voulons être utiles à ses plans. Ainsi le masturbateur, le meurtrier, l'infanticide, l'incendiaire, le sodomite, sont des hommes selon ses désirs et ceux que nous devons par conséquent imiter.
8 S'imposer des freins ou des barrières dans la route du crime serait visiblement outrager les lois de la nature qui nous livre indistinctement tous les êtres dont elle nous entoure sans jamais motiver d'exception
Il est difficile aprés celà de douter que Donatien de Sade est été perçu comme un homme dont les idées présentaient un réel danger, dont la pensée vehiculait un idéal de déstruction et d'anéantissement hors du commun, et qui n'est pas sans rappeller des oeuvres plus proches de nous, comme "Orange mécanique", dans laquelle le jeune Alex fait l'apologie par ses actes et ses paroles des valeurs qui sont celles de Sade dans "La verité"...cette dynamique de "l'ultra violence" était elle motivée par le contexte dans lequel vivait Donatien de Sade, il semble que non, nombre de ses contemporains, libertins de surcroit, ne partageaient pas son engouement pour la violence et la destruction, tel Réstif de la Bretonne, qui a écrit :" je ne connait rien de plus délicieux, de plus agréable que de baiser le con doux et soyeux des jeunes filles...", et qui pourtant, a condamné et critiqué vertement Sade pour ses excés, même si ce fut par oportunisme, d'autres ont certainement étés choqués et allarmés par le fait que de telles concéptions philosophiques puissent se répendre, s'agissait il de concéptions seulement, ou bien Donatien de Sade les apliquait il reéllement, au quotidien, ce serra l'objet d'un prochain billet...
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dimanche 11 juin 2006
Les belles lettres du vice et de la vertue (suite2)
Plus de deux millions et demie de romans pornographiques imprimés edités et diffusés en Europe, au XVIIIiéme siécle...la plupart sont imprimés en Hollande ou en Suisse, en raison de la grande tolérance dont jouissent les éditeurs de ces pays, si l'on tient compte du nombre de lecteurs potentiel à cette époque, c'est énorme...
et quel est donc ce lectorat, friand d'aventures obscénes, de vieux vicieux, en manque d'émotions fortes?
Pas du tout, pour une bonne partie, des dames de la bonne societé, qui y trouvent un divertissement absolument délicieux, pour tromper l'ennui dans lequel les confine les occupations de leurs époux, ils sont quelques fois illustrés, par des gravures dont certaines sont l'oeuvre de grands maîtres, Boucher ou Fragonard ne font plus mystére, et depuis longtemps, de leurs moeurs très...libres, tout comme Mozart, le grand compositeur qui surprend et séduit toutes les cours d'Europe...un esprit nouveau souffle sur le vieux continent, le "Libertinage" n'est plus une conduite que l'on dissimule, comme au siécle precédent, c'est une nouvelle façon de vivre, qui nargue les tenants de la morale chretiénne, qui s'affiche et s'étale ouvertement, il a parmi les plus grands ses plus ardents défensseurs, les philosophes lui donnent, à travers leurs écrits, ses lettres de noblesse...
C'est en l'Angleterre qu'est apparue une littératture d'un genre nouveau, ces "Romans térrifiants", ou dans une atmosphére de mystére, de désordre et de chaos, qui aujourd'hui nous paraîtrait tenir à la fois de l'érotisme et de la science fiction teintée de "gothique", les protagonistes vivent des aventures qui tiénnent en haleine les jeunes filles...la litérature érotique a toujours existé, mais il semble qu'à cette époque, elle connaisse un véritable renouveau...Donatien de Sade, en choisissant d'écrire des oeuvres érotiques et pornographiques, ne fait donc pas excéption, pourtant, ses débuts en littérature ne s'oriente ni vers l'érotisme, ni vers la pornographie, mais vers l'histoire, le jeune marquis de Sade est en effet un passioné de faits historiques, et d'histoire de France...
Donatien de Sade est elevé à l'hôtel de Condé, auprès du prince de Bourbon, étant lui même issu des Condé, branche de la maison de Bourbon, une ascendance des plus préstigieuses... à Louis le grand, il est formé par les jésuites, il y revélle son amour des belles lettres, et y apprend une rigoureuse dialectique, plus tard,en 1764 et 1765, si il consent a s'arracher des bras de ses maîtresses, ce n'est qu'a fin d'explorer le fond mediéval de la bibliothéque des Chartreux de Dijon...c'est fort probablement là qu'il réunit la matiére à son ouvrage:"La vie secréte d'Isabelle de Baviére", bien plus tard, en 1783, le prisonnier du Donjon de Vincenne qu'est devenu Donatien de Sade expose a la marquise de Sade son projet d'écrire un "Éloge de François Ier", il envisageait également la rédaction de "dix ou douze" cahiers d'anégdotes de l'histoire de France, jusqu'au régne de Charles IX, mais mis à part son "Histoire secréte d'Isabelle de baviére", le réste ne nous est pas parvenus...
Donatien de Sade est donc un passioné d'histoire, animé d'un esprit vif et cultivé, curieux de tout, avide de savoir, et des plus habiles pour ce qui est d'écrire, et la différence se fait aussitôt ressentir, car si la plupart des romans pornographiques de son temps ne sont qu'un étalage de faits et de pratiques obscénes plus ou moins crues, fondues dans une intrigue des plus banales, les oeuvres de Sade revéllent dés leur parution un don particulier pour faire penétrer le lecteur dans un univers ou il devient, en lisant le récit qu'il fait, lui même acteur des orgies que Sade décrit, les mots que Sade emploie, les tournures, le contexte qu'il dépeint avec un immense talent, tout celà contribue a pousser le lecteur à s'imaginer les scénes de ses romans, il est, dés lors, incapable de la moindre "passivité", Donatien de Sade, peut être sans le savoir, est le précurseur du Roman X, illustré de photos pornos tel qu'il apparaîtra à la fin des années soixante, et ses mots sont bien plus forts, dans leur puissance d'évoquation, que de simples images...il y a autre chose, Donatien de Sade est athée, et il le clame haut et fort, plus qu'aucun autre, c'est chez lui une conviction, une certitude que dieu n'éxiste pas, c'est le fondement même de nombre de ses oeuvres, l'objet d'un prochain billet...
jeudi 8 juin 2006
Les belles lettres du vice et de la vertue (suite 1)
Les oeuvres de Donatien de Sade ont elles étées une peinture des moeurs de son temps...une observation méticuleuse, et un début d'étude sexologique sur les pratiques de ses proches, ou les siennes...quoi qu'il en soit, il faudrait pour celà se faire une idée des moeurs des contemporains du marquis de Sade, bien différentes des nôtres.
Si nous avons tendance aujourd'hui à considérer que posséder sous un même toit un espace individuel, bien à soi, est un fait normal, une garantie de pouvoir presérver une certaine intimité, tel n'était pas le cas au XVIIIiéme siécle, il n'était pas rare, à cette époque, qu'une même famille, pére, mére et enfants, dorment ensembles...et partagent le même lit !...les enfants, en bas âge ou même adolescents ( la notion d'adolescence était ignorée), couchaient au fond du lit familial, et il n'était pas rare que rien ne leur échappe...des hébats de leurs parents, ce qui leur faisait dire, avec humour, que leurs parents avaient passés la nuit à faire "bouger" le lit...ce qui pouvait laisser envisager un agrandissement futur de la céllule familiale...ces mêmes enfants appartenaient pleinement à leurs parents, qui décidaient de tout ce qui touchait de prés ou de loin à leur éducation, comme à leurs choix dans la vie futûre.
Un fait qui, aujourd'hui peut nous paraître totalement abérrant, et que l'on ne peut aujourd'hui se figurer qu' à travers le prisme déformant de la caricature du "droit de cuissage", est qu'à cette même époque, il était d'usage, quand on accueillait un personnage éminent sous son toit, une relation, ou une personne d'un rang social supérieur, de lui offrir de partager...la couche de sa fille, afin de lui rendre la nuit plus agréable...nous sommes donc bien loin d'imaginer la promiscuité dans laquelle vivaient les contemporains de l'auteur de "Justine"...
Nous avons, de la même façon aujourd'hui, pris l'habitude de detérminer un "âge légal" qui impose des comportements et des interdits à respecter, suivant que nous sommes majeurs ou mineurs, et notamment en ce qui concerne la sexualité, hors, si à cette époque les jeunes enfants étaient protegés contre les abus de potentiel délinquants sexuels, aucun âge n'était "fixé" pour detérminer le moment ou l'on pouvait avoir une activité sexuelle, et les rapports avaient donc lieu relativement tôt, les jeunes gens faisant ainsi leur "éducation", avec l'expresse condition, pour les jeunes filles, de ne pas tomber enceinte, ce qui constituait un déshonneur des plus infâmants qui soient, une vraie catastrophe pour les parents, car ils se trouvaient, du même coup, dans l'impossibilité de pouvoir envisager de marier leur fille, et donc, tout simplement, de lui assurer un avenir décent, le rôle de l'église et la place qu'elle tenait au sein de la societé était des plus importants, et si la luxure était condamné, autant par les princes que par le clergé, c'était bien dans le but de protéger la structure familiale, et de presérver ainsi les passations de pouvoir et les héritages, autant que de prévenir les désordres et les troubles qu'auraient occasionés une trop grande liberté de moeurs...
Pour autant, les lieux de plaisirs, les bordels, étaient nombreux, l'activité des prostituées importante, les bordels Parisiens étaient alors les plus raffinés d'Europe, et proposaient toutes sortes de...divertissements, comme celui de Gourdan, ou de "la Brissault", une mére maquerelle, que Donatien de Sade fréquentait réguliérement, d'autre part, la prostitution pouvait étre un activité secondaire pour nombre de femmes désargentées, en dehors du cadre des bordels, et bien que punie par la loi, enfin, Donatien de Sade fréquentait égallement, comme d'autres aristocrates de son temps, les courtisanes...ces dames délicieusement raffinées, d'une beauté éclatante, et qui, dirait-on aujourd'hui, se faisaient "entretenir" par les princes et les plus fortunés...mais alors, pourquoi Donatien de Sade fait il figure d'excéption dans cette societé et ses moeurs dissolues, ses orgies et son besoin de luxure dépassent ils ceux de ses contemporains ?
Il partage pourtant les débauches du duc de Fronsac, et du prince de Lamballe, le duc de Fronsac est d'ailleurs lui même l'inventeur d'un appareil que l'on utilise au bordel, une chaise à bascule, qui, une fois qu'une femme y est installée, bascule de telle sorte que celle ci, jambes écartées et pieds et poings liés, renversée en arriére, ne peut que subir sans résister...à une autre époque, le cardinal de Richelieu, libertin eléguant, mais cruel, aimait voir souffrir et pleurer les femmes, et les fameuses dragées à la Cantharides, aphrodisiaque alors très en vogue, portent son nom...et pour ce qui est de l'excé de cruauté, que dire de la conduite du comte de Charolais, qui ne pouvait se satisfaire dans l'orgie, que par le biais d'éffusions de sang, qui tirait à vue sur les passants, et en vint même à brûler entiérrement une jeune fille et la faire rôtir...Donatien de Sade était donc loin d'avoir seul une conduite que l'on peut qualifier de criminelle et de barbare, même si, n'en déplaise à ses admirateurs, on a trouvé chez lui des preuves materiélles, ossements humains et effets personnels, qui rapéllent d'affreuses affaires de crimes sexuels commis à nôtre époque... mais il a pourtant été condamné pour de tels agissements, alors que d'autres s'y sont livrés, en toute inpunité...ses seuls écrits lui auraient donc valut d'étre si lourdement condamné...si tel était le cas, il faut alors tenter de trouver dans l'oeuvre écrite ce qui pouvait motiver de telles sanctions, dans un prochain billet .
mercredi 7 juin 2006
Les belles lettres du vice et de la vertue...
le marquis Donatien, Alphonse, François de Sade est née à Paris, le deux juin 1740... à l'âge de quatorze ans, le jeune aristocrate, d'une ancienne et prestigieuse famille provençale, entre dans une académie militaire, il se distingue un an plus tard au court de la guerre de sept ans, contre la Prusse, par son courage, et obtient le grade de capitaine...
Mais à son retour, le jeune officier se fait remarquer pour sa fréquentation des comediénnes et des courtisannes, et pour son gôut immoderé pour la luxure et le libertinage, inquiet de cette situation, son pére le pousse à épouser, le 17 mai 1763, Melle de Montreuill, de noblesse récente et fortunée, espérant que sa condition d'homme marié tempérera son penchant pour la débauche...mais non, bien au contraire, Donatien de Sade souffre de sa situation maritale, il est incarceré la même année pour "débauches outrées", puis une seconde fois en 1868, sous le motif d'avoir enlevé, sequéstré et torturé une passante, un roturier aurait été punit de mort pour les mêmes faits, mais la justice ne peut alors condamner trop durement un aristocrate, de plus, officier, et ayant fait la preuve de son courage durant la guerre contre la Prusse.
Dés lors, Donatien de Sade donne fêtes et bals dans son domaine de Lacoste, en Provence, il s'est épris de sa belle soeur...et voyage en Italie avec elle, avant d'étre, à Marseille, en 1772, accusé d'avoir empoisonné ses invités, dont une prostituée, avec des dragées à la cantharide, un aphrodisiaque extrait d'un lépidopthére, qui peut s'avérer extrémement dangereux pour les personnes souffrant de faiblesses cardiaque, il n'a d'autre recourt que de s'enfuir en Savoie, la justice cette fois, le condamne à la peine de mort par contumace, son éfigie est simboliquement brulée en public...il est arreté mais parvient à s'évader de la façon la plus romanesque qui soit, puis mêne alors une existance partagée entre voyages et scandales, à la suite du décès de sa mére, il se rend à Paris, pour régler ses affaires, mais il est arrété et malgrés les interventions de sa femme, est incarceré dans le donjon de Vincenne
, sa belle mére lui voue une haîne non dissimulée, et sur lettre de cachet, il est transferé à la Bastille, aprés avoir écrit quelques piéces de théatre, pour tromper son ennuis à Vincenne, c'est à la Bastille qu'il rédige ses ouvrages parmis les plus fameux, dont en 1785, les "Cent vingt journées de Sodome", et deux ans plus tard, "Les infortunes de la vertue"...
Au mois de juillet 1789, et à peine dix jours avant la prise de la Bastille, il est transferé à l'asile d'allienés de Charanton, et doit abandonner sa bibliothéque de plus de six cent volumes, et ses manuscrits...son domaine de Lacoste, en Provence, est pillé par les révolutionnaires, et ses biens mis sous sequéstre...en 1790, la liberté est accordée à toutes les victimes de lettres de cachet, Donatien de Sade est un homme libre, sa femme obtient la séparation, ses deux fils émigrent...désargenté, il tente de survivre dans le Paris de la tourmente révolutionnaire en essayant de faire jouer ses piéces, et noue une liaison avec une jeune comediénne, Marie Constance Quesnet, qui lui sera fidéle jusqu'à son décès.
Donatien de Sade intégre alors la section des "piques" de son quartier, un comité révolutionnaire ou il se montre très actif, tout en publiant anonymement ses romans, dont, en 1791, "Justine ou les malheurs de la vertue", il est à nouveau arretté à la fin de 1793 et échappe de peu à la guillotine, suite à une erreur administrative...il est liberé en octobre 1794, menant une existence precaire, ses seuls revenus lui viennent de la publication de ses romans, en 1795 "La philosophie dans le boudoir", puis "Aline et Valcour", "La nouvelle Justine" et enfin "Juliette"...On ne lui pardonera pas la violence érotique et la pornographie de ses écrits, la presse l'accuse d'étre l'auteur de "l'infâme roman Justine", en 1801, la police saisit ses ouvrages chez son imprimeur, il est à nouveau , sans jugement et par simple décision administrative, interné à l'asile d'allienés de Charanton, il va, durant treize ans, adrrésser de nombreuses suppliques, et, parfaitement lucide, protester contre cet enfermement, mais c'est à Charanton qu'il meurt le premier décembre 1814, sans avoir retrouvé sa liberté...sur les soixante quatorze années de sa vie, Donatien de Sade en aura passé trente privé de liberté, en prison.
Depuis le début du XXiéme siécle, le marquis de Sade a été réhabilité, grâce notamment a des auteurs comme Guillaume Apolinaire qui l'ont consideré comme l'un des plus grands auteurs érotiques, son oeuvre a également servie de sujet d'étude aux psychanalistes, ces admirateurs ont prie pour habitude de l'appeller "Divin marquis"...dans de nombreuses biographie qui lui sont consacrées, il est presenté sous les traits d'une victime d'un pouvoir abusif et cruel, mais finalement, qui était il vraiment...un écrivain talentueux, un ésprit libre, un libertin...ou un pervers, un délinquant sexuel, un esprit dérangé, un criminel...il est difficille de répondre, tant il semblerait que Donatien de Sade est été un peu de tout celà à la fois, je ne vais pas, dans un prochain billet, apporter une réponse qui ne souffre aucune contestation possible, mais simplement, tenter de mieux cerner la personnalité de l'homme, dans le contexte de son époque, et l'héritage qu'il nous laisse...à bientôt pour la suite.
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